Le Chant des Transportés

Text und Musik:  Pierre Dupont (1849)
Chants et Chansons, Alexandre Houssiaux, 1855, Tome I (p. 41-43).

Pendant que sous la mer profonde
Les cachalots et le requin,
Ces écumeurs géants de l’onde,
Libres, dévorent le fretin,
Nous autres, cloués à la rive
Où la bourrasque a rejeté
Notre barque un instant rétive,
Nous pleurons notre liberté.Et cependant, ô sainte République,
Quoique aujourd’hui de ton pain noir nourri,
Chacun de nous pour ta gloire eût péri
Et mourrait encor sans réplique ;
Nous le jurons par l’Atlantique,
Par nos fers et par Saint-Merry.

Les goélands à l’aile grise,
Les hirondelles de la mer,
À leurs petits, aux jours de brise,
Apprennent le chemin de l’air ;
Nos enfants ont perdu leur guide,
Peut-être n’ont-ils plus d’abri,
Et la mère à leur bouche avide
Ne présente qu’un sein tari.

Et cependant, ô sainte République,
Quoique aujourd’hui de ton pain noir nourri,
Chacun de nous pour ta gloire eût péri
Et mourrait encor sans réplique ;
Nous le jurons par l’Atlantique,
Par nos fers et par Saint-Merry.

Sous les yeux du fort, sur la grève
Quand nous errons le long du jour,
Nous berçant dans quelque doux rêve ’
Ou de République ou d’amour,
La vague des plages lointaines,
Apporte à notre simple écueil
Râles de morts et bruits de chaînes ;
La démocratie est en deuil !

Et cependant, ô sainte République,
Quoique aujourd’hui de ton pain noir nourri,
Chacun de nous pour ta gloire eut péri
Et mourrait encor sans réplique ;
Nous le jurons par l’Atlantique,
Par nos fers et par Saint-Merry.

Glaive rouge de la Hongrie,
Quel gant de fer t’aurait brisé ?
Un homme, traitre à sa patrie,
Aux pieds du Czar l’a déposé ;
Au sultan demandez asile,
Kossuth et Bem au bras puissant.
Georgey, dans sa villa tranquille,
Boit et mange le prix du sang.

Et cependant, ô sainte République,
Quoique aujourd’hui de ton pain noir nourri,
Chacun de nous pour ta gloire eût péri
Et mourrait encor sans réplique ;
Nous le jurons par l’Atlantique,
Par nos fers et par Saint-Merry.

Les obus ont forcé Venise,
Le sage Manin est banni ;
Pardonnez-nous Rome soumise,
Ô Garibaldi, Mazzini !

Quand Jésus a dit à saint Pierre :
L’épée au fourreau doit dormir,
Pourquoi voyons-nous son vicaire
Et ses cardinaux la rougir ?

Et cependant, ô sainte République,
Quoique aujourd’hui de ton pain noir nourri,
Chacun de nous pour ta gloire eût péri
Et mourrait encor sans réplique ;
Nous le jurons par l’Atlantique,
Par nos fers et par Saint-Merry.

Il nous vient du pays de Bade,
De Doullens ou de Saint-Michel,
Tantôt des bruits de fusillade.
Tantôt des plaintes vers le ciel.
Chez le Turc et sur la Tamise
On cherche l’hospitalité ;
Où donc est la terre promise,
Dieu d’amour et de liberté ?

Et cependant, ô sainte République,
Quoique aujourd’hui de ton pain noir nourri,
Chacun de nous pour ta gloire eût péri
Et mourrait encor sans réplique ;
Nous le jurons par l’Atlantique,
Par nos fers et par Saint-Merry.

Automatische Übersetzung:

Während unter der Tiefsee
Pottwale und Haie,
Diese riesigen Wellenabschäumer,
Frei, verschlingen die Braten,
Wir, ans Ufer genagelt
Wo der Sturm abgelehnt hat
Unsere Rinde für einen Moment widerstrebend,
Wir trauern um unsere Freiheit.

Und doch, oh heilige Republik,
Obwohl heute von Ihrem genährten Schwarzbrot,
Jeder von uns zu Ihrer Ehre wäre umgekommen
Und würde ohne Antwort wieder sterben;
Wir schwören es am Atlantik,
Durch unsere Eisen und durch Saint-Merry.

Grauflügelmöwen,
Die Schwalben des Meeres,
Für ihre Kleinen an windigen Tagen
Lerne den Weg der Luft;
Unsere Kinder haben ihren Führer verloren,
Vielleicht haben sie keinen Schutz mehr,
Und die Mutter zu ihrem gierigen Mund
Hat nur eine ausgetrocknete Brust.

Und doch, oh heilige Republik,
Obwohl heute von Ihrem genährten Schwarzbrot,
Jeder von uns zu Ihrer Ehre wäre umgekommen
Und würde ohne Antwort wieder sterben;
Wir schwören es am Atlantik,
Durch unsere Eisen und durch Saint-Merry.

Unter den Augen der Festung am Ufer
Wenn wir den Tag wandern,
Wiegen uns in einem süßen Traum
Oder Republik oder Liebe,
Die Welle entfernter Strände,
Bringt zu unserer einfachen Falle
Todesrasseln und Kettengeräusche;
Demokratie trauert!

Und doch, oh heilige Republik,
Obwohl heute von Ihrem genährten Schwarzbrot,
Jeder von uns zu Ihrer Ehre war umgekommen
Und würde ohne Antwort wieder sterben;
Wir schwören es am Atlantik,
Durch unsere Eisen und durch Saint-Merry.

Rotes Schwert von Ungarn,
Welcher Eisenhandschuh hätte dich gebrochen?
Ein Mann, Verräter seiner Heimat,
Zu Füßen des Zaren legte ihn nieder;
Bitten Sie den Sultan um Asyl,
Kossuth und Bem mit einem mächtigen Arm.
Georgey in seiner ruhigen Villa,
Trinken und essen Sie den Preis für Blut.

Und doch, oh heilige Republik,
Obwohl heute von Ihrem genährten Schwarzbrot,
Jeder von uns zu Ihrer Ehre wäre umgekommen
Und würde ohne Antwort wieder sterben;
Wir schwören es am Atlantik,
Durch unsere Eisen und durch Saint-Merry.

Die Granaten zwangen Venedig,
Der weise Manin wird verbannt;
Vergib uns unterwürfig Rom,
O Garibaldi, Mazzini!

Als Jesus zu Petrus sagte:
Das Scheidenschwert muss schlafen,
Warum sehen wir seinen Pfarrer?
Und ihre Kardinäle erröten sie?

Und doch, oh heilige Republik,
Obwohl heute von Ihrem genährten Schwarzbrot,
Jeder von uns zu Ihrer Ehre wäre umgekommen
Und würde ohne Antwort wieder sterben;
Wir schwören es am Atlantik,
Durch unsere Eisen und durch Saint-Merry.

Er kommt aus Baden zu uns,
Von Doullens oder Saint-Michel,
Manchmal die Geräusche von Schüssen.
Manchmal Beschwerden an den Himmel.
Am Türken und an der Themse
Wir suchen Gastfreundschaft;
Wo ist das verheißene Land?
Gott der Liebe und Freiheit?

Und doch, oh heilige Republik,
Obwohl heute von Ihrem genährten Schwarzbrot,
Jeder von uns zu Ihrer Ehre wäre umgekommen
Und würde ohne Antwort wieder sterben;
Wir schwören es am Atlantik,
Durch unsere Eisen und durch Saint-Merry.

C: Noch nicht übersetzte Lieder | 1849