Don Quichotte

Text: Eugène Pottier, 1869
in: Chants révolutionnaires (1887)

A FLOURENS, assassiné.

Rencontrant la chaîne des bagnes,
Le plus grand héros des Espagnes,
Don Quichotte, accourt, lance au poing !
Sancho voudrait n’en être point !
L’argousin fuit ; le fou sublime
Des fers arrache une victime.
«- Monsieur, disait Sancho Paça,
»Laissez donc la chaîne au forçat !

»- Ami Sancho, je fais mon oeuvre,
»Ce vieux forçat, c’est le manoeuvre,
»Outil dans sa rouille ébréché
»Et d’un vil salaire emmanché.
»L’argent, ce maître sans entrailles,
»L’use, puis le jette aux ferrailles.
»- Monsieur, disait Sancho Pança,
» Laissez donc la chaîne au forçat !

»- Sancho, je délivre et protège
»Ce petit forçat du collège,
»Nourri d’un savoir recraché
»Par les pédants qui l’ont mâché.
»Cet esprit dont ils font un cancre
»N’est qu’un cahier barbouillé d’encre…
»- Monsieur, disait Sancho Pança,
»Laissez donc la chaîne au forçat !

»- Sors aussi, forçat de caserne,
»Ta cervelle est une giberne,
»Ta conscience, un mousqueton ;
»Tu n’es plus qu’un homme à piston.
»Pour ce métier de cannibales
»On vous fond dans un moule à balles…
»- Monsieur, disait Sancho Pança,
»Laissez donc la chaîne au forçat !

»Et toi, forçat des sacristies,
»Jette la soutane aux orties,
»Le cloître a fait pousser en toi
»Les moisissures de la Foi.
»Rome lymphatique propage
»Les scrofules du moyen âge…..
»- Monsieur, disait Sancho Pança,
»Laissez donc la chaîne au forçat !

»- Toi, surtout, femme infortunée,
»Incomparable Dulcinée,
»Qui gémit aux mains des géants
»Et des enchanteurs mécréants,
»Du coeur la loi rompt l’équilibre,
»Il demande l’union libre.
»- Monsieur, disait Sancho Pança,
»Laissez donc la chaîne au forçat !»

O fleur de la chevalerie !
Dis-je alors dans ma rêverie,
Attaque ces géants de front
Malgré ton écuyer poltron.
Car, jusqu’au jour où ton épée
Aura clos la grande Épopée,
«- Monsieur, dira Sancho Pança,
»Laissez donc la chaîne au forçat !»

Paris, 1869.

Automatische Übersetzung:

Für FLOURENS, ermordet.

Begegnung mit der Kette der Verurteilten,
Der größte Held Spaniens,
Don Quijote, renn hoch, wirf deine Faust hinein!
Sancho möchte nicht sein!
Der Sanddorn flieht; der erhabene Narr
Eisen rissen ein Opfer ab.
„- Sir“, sagte Sancho Paça, “
Überlassen Sie die Kette dem Sträfling!

„- Freund Sancho, ich mache meine Arbeit,
Dieser alte Sträfling ist der Arbeiter,
»Werkzeug in abgebrochenem Rost
»Und ein Grundgehalt.
Geld, dieser mutlose Meister,
»Benutzt es und wirft es dann in den Schrottplatz.
– Sir, sagte Sancho Pança,
Überlassen Sie die Kette dem Sträfling!

„- Sancho, ich liefere und beschütze
Dieser kleine College-Sträfling,
»Genährt durch ausgespucktes Wissen
Von den Pedanten, die es gekaut haben.
Dieser Geist, aus dem sie einen Trottel machen
„Ist nur ein mit Tinte verschmiertes Notizbuch …
– Sir, sagte Sancho Pança,
Überlassen Sie die Kette dem Sträfling!

„- Geh auch raus, Kaserne verurteilt,
»Ihr Gehirn ist eine Patrone,
»Dein Gewissen, ein Karabiner;
Du bist nicht mehr als ein Mann mit einem Kolben.
»Für diesen Kannibalenberuf
»Wir schmelzen Sie in einer Kugelform …
– Sir, sagte Sancho Pança,
Überlassen Sie die Kette dem Sträfling!

Und du, Verurteilter der Sakristei,
»Wirf die Soutane zu den Brennnesseln,
»Der Kreuzgang ist in dir gewachsen
Die Formen des Glaubens.
»Das lymphatische Rom breitet sich aus
»Die Scrofula des Mittelalters …..
– Sir, sagte Sancho Pança,
Überlassen Sie die Kette dem Sträfling!

„- Sie vor allem unglückliche Frau,
»Unvergleichliche Dulcinea,
»Wer stöhnt in den Händen der Riesen
Und ungläubige Zauberer,
Von Herzen bricht das Gesetz das Gleichgewicht,
Er bittet um freie Vereinigung.
– Sir, sagte Sancho Pança,
„Überlassen Sie die Kette dem Sträfling!“

O Blume der Ritterlichkeit!
Ich sagte dann in meinen Träumereien:
Greife diese Riesen frontal an
Trotz deines feigen Knappen.
Denn bis zu dem Tag dein Schwert
Wird das große Epos geschlossen haben,
„- Sir“, sagte Sancho Pança, “
„Überlassen Sie die Kette dem Sträfling!“

Paris, 1869.

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